Le Refuge
du Mouvement "En 4 ans on prend racine"
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Retour !!! Pétition urgente !!!

Pour la famille kosovare de Arsim HYSENI habitant à Villeneuve (plan de vol du 4 novembre 2004) ICI
21 août 2004

Nous pouvons donner aujourd'hui une bonne nouvelle: tous les membres du Refuge de Bellevaux ont désormais reçu un permis de Berne!

Si vous avez suivi l'information, vous saurez que ces permis ont une contrepartie. En effet Vaud a négocié avec Blocher le traitement de 1273 demandes et, selon ce que nous savons de ces accords, nous attendons 50% d'acceptations, 50% de refus. Le prix de cette
«bienveillance» fédérale: Vaud s'est engagé à exécuter les renvois rapidement et sans exception.

L'horizon s'assombrit donc pour beaucoup d'entre nous. EN 4 ANS ON PREND RACINE a déjà reçu 10 refus, qui pourront aboutir très prochainement à des renvois. Ce n'est qu'un début, et cela ne concerne pas que notre Mouvement. Les Femmes Kosovares Isolées, Les Survivant-e-s de la Drina-Srebrenica, Non Aux Expulsions sont aussi concerné-e-s.

Nous organisons donc une REUNION GENERALE MERCREDI 14 JUILLET, 18h30, Maison du Peuple, salle 4 (Jean-Villard Gilles), Pl. Chauderon, Lausanne. Nous souhaitons être le plus nombreux possible, pour assurer des décisions les plus démocratiques possibles, et pour leur garantir un soutien concret au besoin. Merci donc de venir.

Nous pouvons aussi vous inviter à une petite soupe le 16 juillet dès 19h, vers le Kléber-Meleau. Il s'agit d'une manifestation dans le cadre du jardin N°32 de Jardins 2004, célébrant l'intégration. Des associations y font un repas chaque vendredi, et ce sera la semaine prochaine le tour d'EN 4 ANS ON PREND RACINE! 10 juillet 2004

Conférence de presse du 28 janvier 2004: 6'000 signatures!!!

Tract distribué à la Manifestation nationale du 24 novembre 2001 à Berne où nous étions 7000!


"In vier Jahren schlägt man Wurzeln"


"En quatre ans on prend racine"
c’est une pétition déposée auprès du Conseil d’Etat Vaudois le 16 juin 2000, signée par plus de 4'000 personnes.

"En quatre ans on prend racine"
c’est une pétition approuvée le 30 janvier 2001 par la quasi unanimité du Grand Conseil Vaudois

"En quatre ans on prend racine"
ce sont 59 dossiers dont 4 sont à Berne depuis trois mois

"En quatre ans on prend racine"
ce sont 91 adultes KOSOVARS qui attendent depuis 6 à 14 ans de pouvoir vivre d’une manière digne dans le Canton de Vaud.

"En quatre ans on prend racine"
ce sont 76 enfants KOSOVARS qui demandent que leurs droits et ceux de leurs parents soient reconnus.

"En quatre ans on prend racine"
c’est le REFUGE DE BELLEVAUX à Lausanne

Entre le 25 avril et le 28 août 2001, 9 personnes KOSOVARES dont 3 enfants
ont vécu dans le REFUGE DE BELLEVAUX.
Elles sont venues se réfugier dans une église, pour éviter d’être expulsées en Kosovë,
car elles avaient reçu un plan de vol, une expulsion de Suisse.

Tout au long de ces quatre longs mois de Refuge,
de nombreuses et difficiles tractations avec le Conseil d’Etat ont été tentées.
Les 27 et 28 août 2001, le Mouvement "En quatre ans on prend racine"
a reçu des garanties suffisantes du Conseil d’Etat vaudois.

Le REFUGE DE BELLEVAUX a été suspendu
Les doubles-réfugiés de l’église de Bellevaux ont pu retrouver leur appartement,
leur travail, leurs camarades d’école

MAIS LA LUTTE CONTINUE! A ce jour nous n’avons reçu aucun nouveau permis!

NOUS ATTENDONS DES DÉCISIONS COURAGEUSES DE NOS AUTORITÉS

pour l’octroi de permis de travail et de permis de séjour stables
pour tous les membres du Mouvement.

"En quatre ans on prend racine" a participé à la création du
Collectif vaudois de soutien aux Sans-Papiers, car leur lutte est la nôtre!

Une loi immorale, si on ne peut la faire révoquer, il faut la braver. Alexandre Vinet

m Informations "En quatre ans, on prend racine"
127 ème jour (29 août 2001)
Les 9 réfugiéEs kosovars de l'église de Bellevaux sortent, mais le Mouvement "En 4 ans on prend racine" continue.

Au 127ème jour d'occupation, le refuge ouvre ses portes, rendant leur liberté à ses occupant-e-s.

Suite à la rencontre du 27 août entre une délégation du mouvement et le Conseil d'Etat, les personnes réfugiées à Bellevaux estiment avoir reçu des garanties suffisantes pour quitter l'église. Hier, les deux familles ont reçu la confirmation d'une prolongation de leur autorisation de séjour jusqu'en janvier 2002. Les démarches en cours auprès de la Confédération pour l'obtention d'un permis de séjour stable sont soutenues par le canton. Une attestation a été accordée aux 2 célibataires qui leur permet de quitter Bellevaux et de reprendre leur travail. Le Conseil d'Etat garanti une solution " dans les meilleurs délais pour tous les occupant-e-s du refuge ".

Le dialogue est enfin ouvert, de nouvelles rencontres sont prévues pour s'enquérir du suivi des dossiers. Le canton a soumis le cas de 51 personnes à Berne la semaine passée et en prévoit 71 à venir. Nous ne savons pas aujourd'hui combien de personnes du mouvement sont comprises dans cette liste. Le Conseil d'Etat a par ailleurs promis ne pas procéder à des renvois pendant les négociations. Avec le départ des occupant-e-s du Refuge, une étape est franchie mais la lutte continue. Le mouvement se bat pour 158 personnes et pas uniquement pour les 9 personnes du refuge. Il continuera jusqu'à ce que toutes et tous obtiennent un permis de séjour et de travail stable.

Le combat pour la régularisation des sans-papiers se poursuit également à Lausanne. C'est ainsi que le jeudi 6 septembre 2001 à 20h à la Fraternité (place M.-L. Arlaud 2, 1003 Lausanne) aura lieu une réunion en vue de créer une coordination de soutien aux luttes pour la régularisation collective des travailleurs-euses et des résident-e-s sans-papiers dans le canton de Vaud.

Cette occupation nous laisse un goût amer puisqu'elle aurait pu être évitée si le Conseil d'Etat (CE) s'était décidé plus rapidement à prendre les décisions qu'il a finalement prises ou simplement à nous reconnaître comme un interlocuteur valable. Néanmoins, malgré des garanties encore fragiles pour les 9 du refuge et des 160 autres, le refuge a obtenu d'incontestables victoires. Il a permis notamment d'avoir

- évité le renvoi des 9 du refuge pour qui l'on est en train de chercher des solutions

- prolongé les autorisation de séjours des 160 autres personnes du mouvement

- fait prolonger ces attestations de séjour pour des durées supérieures à 10 ou 15 jours

- fait stopper les arrestations et les renvois

- fait admettre aux autorités que les lois pas adéquates et inadaptées aux réalités humaines doivent être contournées (avant d'être changées)

- mis la question des sans-papiers à l'agenda politique suisse et créé un large débat

- montré la communauté kosovare sous un jour plus réaliste et humain que les caricatures xénophobes

- obligé l'UDC à demander publiquement que la Suisse soit davantage un pays d'immigration

- montré que la lutte collective peut être gagnante, notamment grâce à de nombreux appuis et soutiens

- forcé le CE à nous reconnaître comme un interlocuteur incontournable

- montré que la cohabitation entre Suisse et Kosovars est non seulement possible, mais qu'elle nous a toutes et tous enrichi-e-s au long de ces 4 mois, en permettant des rencontres inoubliables et des amitiés durables

Nous refusons que les célibataires soient traité-e-s de manière différente que les familles. Sur quoi se basent les autorités pour juger de la non-difficulté de ces personnes ? Car s'ils n'ont pas femme et enfants, ces hommes ont tous une famille en Kosovë, la plupart du temps survivant dans une pauvreté extrême, qu'ils aident financièrement. Doit-on rappeler aux autorités qu'en cas de renvoi, ils ne seraient pas des bras qui peuvent aider à reconstruire un pays, mais des bouches de plus à nourrir. Avec plus de 65% de chômage, le pays n'est pas vraiment en manque de bras. Bien que le CE reste inflexible sur sa différence de traitement entre célibataires et famille, il a néanmoins adouci sa position. Sans doute que les informations sur les conditions inacceptables de leur retour (24Heures du 27.8) et le travail de notre délégation lors de l'entrevue avec le CE l'ont sensibilisé à cette question.

Enfin, notre présence à la Palud est un appel au soutien à tous les Sans-Papiers de Suisse. Nous appelons à l'élargissement des luttes et des refuges de sans-papiers dans le canton de Vaud, de Genève et en Suisse allemande. Nous tenons à souligner notre solidarité avec le refuge de La Chaux de fonds et surtout avec les personnes de Fribourg, en quête d'un nouveau refuge suite à l'évacuation forcée de l'église de Saint Paul. Ces personnes condamnées au silence, soumises aux pires conditions de travail et d'existence, ont eu le courage de sortir de l'ombre, pour faire prendre conscience des conditions de vie des quelque 200 à 300'000 sans-papiers que compte la Suisse. Ce qu'ils dénoncent et ce que nous ne pouvons tolérer, c'est l'apartheid entre droits et sans droits, entre papiers et sans-papiers. Avec Bellevaux, Fribourg et Neuchâtel, une autre Suisse se réveille et montre le visage d'une Suisse humaine, ouverte et digne.

m Informations "En quatre ans, on prend racine"
125 ème jour (27 août 2001)
Rencontre avec le Conseil d'Etat
Une délégation du mouvement a rencontré le Conseil d'Etat aujourd'hui 27 août. il en ressort:

- Que le dialogue est ouvert entre le Conseil d'Etat et le mouvement
- Que les deux familles ont reçu des garanties suffisantes et ont décidé de sortir
- Que les deux célibataires ont décidé de rester dans le refuge afin d'évaluer les garanties suffisantes à leur sortie

Les deux familles vont sortir du refuge mardi 28 août. Une conférence de presse ainsi qu'une petite mise en scène aura lieu mardi à 11 heures pour célébrer leur sortie.

Par ailleurs, nous vous informons que la première réunion du collectif des sans-papiers de Genève aura lieu le jeudi 30 août à 20h00 au Grenil, Av. Ste-Clothilde 11, salle Forum II à Genève.

La première réunion à Lausanne aura lieu le 6 septembre à la Fraternité à 19h00.

Le mouvement continuera jusqu'à ce que les 160 personnes du mouvement obtiennent un permis de séjour et de travail stable.

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122 ème jour (24 août 2001)
Etat de la situation après plus de 120 jours de refuge à l'église protestante de Bellevaux


o Depuis plus de 18 mois, le mouvement " En 4 ans on prend racine " défend 158 personnes Kosovares en Suisse depuis 4 à 13 ans, qui travaillent et qui sont intégrées. Elles sont toutes menacées de renvoi. Devant l'imminence de leur renvoi et les tentatives d'arrestation, les personnes qui ont reçu des plans de vol ont trouvé refuge à l'Eglise de Bellevaux depuis le 25 avril, soit 4 mois ce
samedi.

o La famille avec trois enfants, le couple et les 2 célibataires, soit en tout 9 personnes kosovares menacées d'expulsion sont toujours au refuge 24h/24. Elles y vivent dans l'angoisse et l'incertitude, attendant depuis bientôt 4 mois que le Conseil d'Etat veuille bien s'occuper de leur dossier. Les annonces dans la presse (24 Heures) et à la télévision d'une prolongation des attestations de séjour pour la famille et le couple jusqu'en janvier 2002 sont à la fois insuffisantes car il n'y a aucunes garanties au-delà, et inacceptables car elles font une ségrégation selon l'état civil. Cette annonce ne signifie encore pas que leur régularisation est en bonne voie. En effet, Le Courrier de ce jour annonce que le Conseiller d'Etat Claude Ruey n'a pas encore transmis les dossiers à Berne. Mais que fait-il ? Il semble plus préoccupé par la pierre d'Unsprunnen qu'il va chercher à Interlaken que de se préoccuper de la vie de personnes en situation de détresse grave.

o Les annonces de la porte-parole de Claude Ruey ne sont de plus pas suffisantes car le mouvement se bat pour 158 personnes et pas uniquement pour les 9 personnes du refuge. Nous demandons des prolongations d'attestation de séjour pour l'ensemble du mouvement pour au moins une année, une déclaration claire de la part de l'Etat de Vaud de défendre l'ensemble du mouvement auprès de Berne et la création d'un groupe de travail pour trouver des solutions juridico-politiques. Nous demandons également une suspension de tous les renvois durant cette phase de négociation.

o La séparation entre personnes mariées et célibataires est totalement inacceptable. Nous nous étonnons que des autorités, tant vaudoises que fédérales, qui invoquent si régulièrement l'égalité de traitement, puissent justifier de telles inégalités, de telles discriminations, sur le seul critère de l'état civil. Et sur quoi se basent-elles pour juger des difficultés des gens ? Ces deux hommes sont à bout de nerfs. L'un d'eux est malade. Ils sont amers, désespérés. Ils viennent de passer 4 mois sans sortir de l'église. Mais avant de s'y réfugier, ils ont travaillé pour nous durant 10 ans pour l'un d'eux, 5 ans pour l'autre sans toucher un centime de l'Etat.

o Sait-on que ces personnes ont dû se présenter 16 fois au Service de la population, depuis une année, pour faire prolonger leur autorisation, avant qu'on la leur supprime brutalement ? Sait-on qu'au moins une fois la police les y attendait pour les enfermer et les embarquer de force, mais qu'elles ont pu s'enfuir ? N'y a-t-il pas là de quoi être traumatisé ? Or maintenant on leur refuse des papiers, tout en leur disant qu'ils ne risquent rien et qu'ils n'ont qu'à attendre une amnistie générale des sans-papiers, dont le moins qu'on puisse dire est qu'elle est incertaine, le Conseil fédéral ayant plusieurs fois proclamé qu'il n'en voulait pas. Est-ce du cynisme ? Nous ne pouvons pas comprendre…

o On rappellera enfin que les célibataires sont d'autant plus en situation de détresse grave qu'ils n'ont pas de conjointe auprès de qui trouver un certain réconfort. Doit-on pénaliser quelqu'un parce qu'il n'a pas trouvé de compagne pour se marier ou que tel n'est pas son désir ? En rendant très difficile le regroupement familial, la Suisse a justement tout fait pour que ce soit des célibataires qui viennent et pas des familles. Elle ne peut aujourd'hui les discriminer parce qu'ils sont célibataires. En général, ce sont justement les célibataires qui sont les plus indépendants financièrement et ce sont eux qui permettent le plus à leur famille restée sur place de bénéficier de leur aide financière.

o La situation sur place en Kosovë fait qu'en cas de renvoi, ils ne seraient pas des bras qui peuvent aider à reconstruire un pays, mais des bouches de plus à nourrir. Avec le départ des ONG et de leur aide
financière, la situation économique est catastrophique. La situation politique est déjà suffisamment tendue sans rajouter de nouveaux éléments pour déstabiliser la région. Avec plus de 65% de chômage, le pays n'est pas vraiment en manque de bras. C'est au contraire la Suisse qui est bien contente de profiter de cette main d'œuvre travailleuse. Après les avoir exploités durant des années, la Suisse serait aujourd'hui prête à les renvoyer comme des criminels parce qu'ils ne sont pas mariés. Mais depuis quand est-ce un délit ?

o Lundi 27 août, une délégation de notre mouvement rencontrera une délégation du Conseil d'Etat. Nous espérons que le Conseil d'Etat saura tenir compte de nos revendications. Après plus de 4 mois de refuge, il est temps que le pouvoir politique prenne en main ce dossier et s'active pour trouver des solutions acceptables et dignes pour tout le monde.

o En espérant l'élargissement des luttes et des refuges de sans-papiers dans le canton de Vaud, de Genève et en Suisse allemande, nous tenons à souligner notre solidarité avec le refuge de La Chaux-de-Fonds et surtout de St-Paul à Fribourg qui vit des heures dramatiques. Nous ne pouvons tolérer une évacuation par la force de personnes qui se sont mises à la lumière pour faire prendre conscience de leur condition de vie. Il est inhumain qu'un pays qui se veut démocratique comme la Suisse ne régularise pas des personnes
qui vivent dans la peur et l'angoisse jour après jour, parce qu'ils et elles sont les victimes de lois sur l'immigration et sur l'asile qui n'ont été que durcies ces 20 dernières années sous l'impulsion de courants xénophobes auxquels le Conseil fédéral a donné trop d'importance. Nous ne pouvons tolérer aucun apartheid entre droits et sans droits, entre papiers et sans-papiers. Avec Bellevaux, Fribourg et Neuchâtel, une autre Suisse se réveille et montre le visage d'une Suisse humaine, ouverte et digne.

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111 ème jour (13août 2001)
Un refuge à la Chaux-de-Fonds

Réunis lors d'une assemblée, tenue lundi 13 août 2001, aux Hauts-Geneveys, sur l'invitation du Comité Asile.Ne, le Collectif des sans-papiers du canton de Neuchâtel a présenté la motion suivante

Motion du Collectif des sans-papiers du canton de Neuchâtel

Notre groupe compte actuellement des personnes qui viennent d'Afrique, du Kosovo et du Kurdistan. Nous sommes venu-e-s ici pour travailler, vivre libre, loin de la misère et de la guerre.

Certain-e-s d'entre nous sont marié-e-s et ont des enfants ; certain-e-s les ont vu grandir ici, d'autres ne les voient jamais, car ils/elles sont resté-e-s au pays. Comme n'importe quelle mère ou père de famille, nous souhaitons leur offrir un avenir heureux.

Certain-e-s d'entre nous sont en Suisse depuis plus de dix ans, notre intégration n'est plus à faire. Nous serions plus étrangers/-ères dans notre pays qu'en Suisse où nous vivons, payons nos impôts, nos loyers, nos charges sociales, pour la plupart au même titre que n'importe quel-le résident-e de ce pays dit-e légal-e. Nous avons contribué et contribuerons encore à la croissance et au développement de ce pays aussi bien sur le plan économique que sur le plan social et culturel.

Nous sommes entré-e-s en Suisse légalement. Nous n'avons pas choisi la clandestinité. Elle nous a été imposée par les lois : nous sommes ou avons été requérant-e-s d'asile ; la plupart ont été débouté-e-s, sont « en attente de documents de voyage » et désormais interdits de travailler, ou sans droit de séjour. Nous ne sommes pas responsables de cette situation et refusons l'hypocrisie des autorités qui vise à nous culpabiliser. Nous ne sommes pas des criminel-le-s mais des hommes et des femmes qui travaillent dur et assument toutes sortes de travaux que la plupart d'entre vous refuseraient de faire dans des domaines tels que la restauration, le bâtiment et l'industrie. Nous subissons souvent des conditions de travail parfois inimaginables pour un Suisse : salaires misérables, horaires interminables, protection sociale inexistante, logements insalubres sont notre pain quotidien. Face à ces formes d'exploitation, nous ne pouvons nous défendre. Etre des sans-papiers fait de nous des sans-droits dont profite la démocratie suisse.

Nous ne demandons pas la lune, juste un titre de séjour pour nous tous. Tous comme vous, nous estimons avoir le droit de vivre dignement et en sécurité. Nous demandons des papiers pour ne plus être victimes de l'arbitraire des administrations et des abus des employeurs. Nous demandons des papiers pour ne plus avoir peur de circuler librement dans la rue et risquer d'être arrêté-e-s puis expulsé-e-s à tout instant. Nous demandons des papiers pour être considéré-e-s comme des êtres humains à part entière, égaux en fait et en droit.

Pour toutes ces raisons nous revendiquons une régularisation collective et refusons le cas par cas. Nous sommes déterminé-e-s à lutter pour obtenir des titres de séjour et envisageons à terme l'occupation d'un lieu.

Nous nous reconnaissons dans la lutte des sans-papiers de Fribourg et voulons coordonner notre action avec eux.

Nous appelons les sans-papiers du canton et de Suisse à sortir de l'ombre et à rejoindre le mouvement des sans-papiers.

Nous demandons aux organisations et personnes sensibles à nos problèmes de soutenir notre lutte et d'adhérer à la plate-forme qui sera élaborée par la coordination des mouvements de soutien aux sans-papiers.

Contact : Comité de solidarité avec les sans-papiers, c/o Pierre Friedli, rue de la Serre 16, 2300 La Chaux-de-Fonds.

m Informations "En quatre ans, on prend racine"
90 ème jour (23 juillet 2001)
Bilan noir de la rencontre entre la délégation du mouvement et celle du Conseil d'Etat
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L'assemblée de dimanche soir a pris connaissance du labeur effectué par les différents groupes de travail mis sur pied la semaine dernière et s'est prononcée sur la question de l'élargissement du mouvement.

L'échec de la rencontre du 9 juillet dernier marquant la fin d'une étape du mouvement, aux yeux de la majorité, il a été décidé d'initier une nouvelle dynamique. La demande formulée par la famille kurde, et relayée par la presse, a catalysé la discussion et l'a orientée sur la piste d'une extension de notre travail au cas des autres sans-papiers. Toutefois, de l'avis de tou-te-s, la dissolution du mouvement «En quatre ans on prend racine» au profit d'un nouveau mouvement plus ouvert n'est pas apparue une bonne solution. De même une ouverture du Refuge à des personnes extérieures au mouvement poserait de délicats problèmes.

En conséquence, la proposition adoptée par l'assemblée générale est la suivante:

Dans le but de créer un mouvement de défense plus large des sans-papiers dans le canton de Vaud, un nouveau groupe de travail de «En quatre ans on prend racine» est chargé d'inviter l'ensemble des personnes et des associations susceptibles d'être intéressées à la question des sans-papiers à une assemblée dans les semaines à venir. Il est clair que les militant-e-s les plus impliqué-e-s dans le Refuge de Bellevaux sont dans l'incapacité de prendre en charge une telle structure. L'assemblée servira donc à déterminer si, parmi les organisations et les personnes moins actives pour l'heure, une motivation forte existe pour créer un mouvement indépendant, mais en étroite collaboration avec «En quatre ans on prend racine».

L'extension esquissée est considérée comme nécessaire pour que des régularisations collectives puissent être obtenues.

Par ailleurs, l'assemblée générale a adopté une première lettre adressée au Conseil d'Etat, en réponse au courrier de la Chancellerie dans lequel la rencontre du 15 août prochain était remise en question. Une lettre de la délégation féminine du mouvement lors de la précédente rencontre et une autre rédigée par les personnes kosovar-e-s du Refuge seront ajoutées à l'envoi collectif.

La recherche de médiateurs et médiatrices entre le mouvement et le Conseil d'Etat va également bon train; un courrier sera adressé tout prochainement aux personnalités listées par le groupe de travail.

Enfin, le programme de la journée spéciale du 1er août (99ème jour) est bientôt établi. Réservez donc d'ores et déjà votre journée de congé.

Mercredi prochain (25 juillet), le troisième mois de Refuge s'achèvera. Le rassemblement habituel de la Palud sera silencieux pour l'occasion et vous êtes bien entendu chaudement invité-e à y participer.

Remerciements au syndicat de la Communication pour le sympathique apéro offert mercredi dernier, ainsi qu'à l'association Ciné-Clap qui s'est chargée de la projection du film de Céline Macherel : "EMRUSH, ARIJETA, AGIM ET TOUS LES AUTRES".

m Informations "En quatre ans, on prend racine"
76 ème jour (9 juillet 2001)
Bilan noir de la rencontre entre la délégation du mouvement et celle du Conseil d'Etat
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Ce matin (9 juillet), notre délégation composée de huit femmes, dont une Kosovare, s'est présentée à 7 heures, à l'entrée du Château cantonal. Malgré le conflit initié par le Conseil d'Etat sur nos exigences relatives aux modalités de la séance, les huit membres de la délégation ont pu participer à la rencontre. Par contre, l'élaboration d'un procès-verbal de la rencontre a été refusée, en dépit de l'insistance des représentantes du mouvement. C'était là l'exigence la plus forte du mouvement quant aux modalités de la réunion, étant donné qu'un PV aurait été l'unique base concrète sur laquelle préparer des rencontres ultérieures.
La séance proprement dite n'a rien apporté de réjouissant. Les Conseillers d'Etat ont réaffirmé que le canton était incompétent pour rechercher une solution et ont vivement incité le mouvement à déplacer ses actions vers Berne, pour faire pression sur les autorités fédérales. Ils ont néanmoins déclaré, à titre personnel - et avec des nuances sensibles entre eux -, être favorables à la cause du mouvement.
Le Conseil d'Etat refuse donc de placer le débat sur le niveau politique, qui est pourtant le seul possible à ce stade. Il affirme même, de manière surprenante, que soutenir le mouvement ne constituerait pas un acte de courage politique, au contraire !
Au terme de la rencontre, un nouveau rendez-vous a bien été fixé pour le 15 août, mais la position du Conseil d'Etat ne laisse rien espérer d'intéressant de cette future rencontre, par ailleurs fort éloignée.
Les personnes du mouvement rassemblées à l'extérieur du Château ont accueilli avec amertume les résultats de la rencontre. Très vite a été scandé : Conseil d'Etat, DEMISSION ! Puis, nous avons tenu un sit-in sur les escaliers donnant accès au Château. Une tentative infructueuse de s'introduire a suscité l'arrivée d'une série de policiers, qui nous ont intimé l'ordre de quitter les lieux rapidement. Ne souhaitant pas durcir le bras de fer sans l'aval de l'Assemblée Générale extraordiaire - qui aura lieu ce soir à 18h30 au Refuge - les militant-e-s ont quitté les lieux, non sans mener une dernière action : après avoir inscrit sur un panneau «Le D.I.R.E. [Département des Institutions et des Relations Extérieures] fait rire», nous avons vidé notre rage sous forme de grands rires dirigés vers le Château.

m Informations "En quatre ans, on prend racine"
72 ème jour (5 juillet 2001)


Le vice-chancelier nous a communiqué lundi matin que la délégation-asile du Conseil d'Etat rencontrerait les représentant-e-s du mouvement le lundi 9 juillet. L'heure et les modalités restent à déterminer, mais il serait bien que chacun-e coche déjà cette date dans son agenda, afin si possible de pouvoir venir sur la Place du Château pour soutenir les représentant-e-s du mouvement.

Comme nous nous engageons, en échange de ce début de négociations, à ne plus recourir à des actions de type occupation, il est important de concentrer nos efforts sur le piquet de solidarité - manifestation hebdomadaire. Il faudrait donc que nous soyons à nouveau un maximum mercredi à 17h30 à la Palud, puis à 18h30 pour partir en manifestation en direction du Refuge. Nous avons déjà discuté des manifestations du mercredi avec M. Métraux et un représentant de la police. Et nous avons un accord là-dessus. L'action peut donc se dérouler sans tension et n'est ainsi pas de nature à braquer le Conseil d'Etat.

En venant nombreuses et nombreux mercredi à 17h30 à la Palud, nous montrerons à chacun-e que notre détermination n'est pas entamée et que le mouvement ne s'est pas dissous dans les vacances d'été !

Par ailleurs, il faudrait que deux ou trois bonnes âmes se dévouent, comme chaque semaine, pour organiser un petit apéritif au Refuge, afin que l'accueil des manifestant-e-s ne repose pas sur les résident-e-s.

m Informations "En quatre ans, on prend racine"
62 ème jour (25 juin 2001)


L'action directe auprès du Conseil d'Etat annoncée par e-mail ce matin s'est déroulée conformément au projet. Peu avant 8 heures, un groupe d'une petite vingtaine de personnes de soutien du mouvement est entré dans le Château cantonal. Après une légère et courte bousculade devant la salle de réunion du Conseil d'Etat, les membres du mouvement ont pu organiser dans le calme et de manière pacifique un sitting dans ladite salle. L'exigence d'une date pour débuter des négociations en vue de l'obtention de papiers durables pour les personnes kosovar-e-s du mouvement a alors été stipulée à Mr Charles FAVRE, président du Conseil d'Etat.

M. Favre a alors quitté la salle et a laissé les membres du mouvement sous la surveillance des huissiers et de la gendarmerie venue en renfort. Vers 9h30, le chancelier est venu indiquer qu'une communication du Conseil d'Etat parviendrait au occupant-e-s dans l'heure à venir. A 10h30, le chancelier faisait savoir que le Conseil d'Etat acceptait d'organiser dans les quinze jours à venir un rendez-vous entre sa délégation pour les questions d'asile et des représentant-e-s du mouvement, à condition que le mouvement renonce d'ici là aux actions fortes. Après avoir précisé que les actions fortes n'étaient qu'une conséquence du silence obstiné du Conseil d'Etat et avaient précisément pour but principal d'obtenir des négociations, les membres du mouvement ont exigé que la promesse faite par le conseil d'Etat soit un engagement ferme. Il a aussi été demandé que la date de la rencontre soit communiquée suffisamment à l'avance et que les modalités de l'entretien soit définies de manière commune. Le chancelier a donné des garanties orales sur ces points, en présence des journalistes ayant assisté à toute l'action. De leur côté les membres du mouvement ont donc confirmé qu'il ne serait plus fait usage d'actions fortes d'ici la prochaine rencontre, si les promesses de l'Etat se concrétisaient. Sur quoi les occupant-e-s ont quitté les lieux.

Les membres du mouvement ayant participé à l'action tiennent encore à faire part de leur étonnement à la lecture du communiqué de presse du Bureau d'Information Cantonal. Outre le choix contestable et contesté des mots, ce texte est très partiel, puisqu'il ne rend absolument pas compte de la discussion qui s'est faite à l'intérieur entre les deux parties. Et pour cause : ce communiqué, rédigé à l'avance, a servi de base à la présentation initiale par le chancelier de l'appréciation de la situation par le Conseil d'Etat !

m Informations "En quatre ans, on prend racine"
56ème jour (19 juin 2001)


Fernand Cuche est venu lundi 11 juin matin (ce n'est pas la première fois qu'il vient manifester son soutien). Les psychologues d'Appartenance ne viendront plus. La TV était présente pour le 50ème jour de refuge.

Il y avait pas mal de monde à l'apéritif le soir, mais pas suffisamment. Couleur 3 passe un interview ce vendredi à 13h30.

D'une manière générale, plus le refuge se prolonge, plus les conditions de vie sont dures.

Les actions sont les suivantes:

Lundi dernier à Berne avec le refuge de Fribourg : distribution de la brochure, plus d'un tract. La brochure a l'air d'avoir eu de l'effet. Les personnes présentes sont entrées pour écouter la réponse de Mme Metzler à la question de J. Zsysiadis. Cette manifestation a permis de se voir avec les personnes des autres cantons afin de préparer l'action de vendredi.

Vendredi 15 juin : action SPOP : 17 personnes dont 9 masquées avec le nom des personnes du refuge. Elles sont montées dans les étages. Elles ne parlaient pas entre elles. Il y aura peut-être une plainte qui sera déposée pour violation de domicile. Si quelqu'un-e devait recevoir une convocation à la police, il faut en parler au mouvement avant d'y aller. Pour l'instant, nous ne répondrons pas par écrit à cette mesure disproportionnée, mais par des actions. Voir le tract de l'action. Mercredi à la Palud, tout le monde sera masqué ou aura du scotch sur la bouche.

La prochaine réunion nationale sera le 1er juillet à 11h00 à Fribourg. La délégation vaudoise essaie de réunir une délégation plus large pour parler de ce problème à Berne

Les actions futures :

Il n'y a plus de groupe action. Il réfléchit à la mise en place, mais ne porte plus toutes les actions. Les animations au refuge sont laissées tombées pour l'instant. Les actions de la semaine sont inscrites sur un panneau au refuge. Tout le monde peut s'inscrire.

Un budget de 500.- est alloué au groupe action pour rembourser les frais de voyage des gens n'ayant pas ou peu de revenu. Lors de l'assemblée du 15 juillet, un compte-rendu sera donné concernant l'utilisation de cet argent.

Mercredi 20 juin : 17h30 Palud : manifestation silencieuse

Jeudi 21 juin : 20h00 :le groupe de jazz balkanique se promènera dans les ures de Lausanne pour la fête de la musique. Ils nous ont proposé de venir avec eux.

Samedi23 juin : 60 jours de refuge.

Manifeste de Fribourg : Nous rappelons que le mouvement soutient le manifeste tout en gardant sa spécificité. Il sera mis au point 1 de l'ordre du jour de dimanche prochain.



Finances : Les gens manquent d'un minimum d'autonomie financière. Le mouvement met à disposition à chaque famille/personne, une somme équivalente au minimum faréas.

m Informations "En quatre ans, on prend racine"
13ème jour (8 mai 2001)


1) Mr Emrush HAKAJ est entré ce matin (mardi 08.05) dans le refuge, ce qui porte à 9 le nombre d'occupants permanents.
Mr HAKAJ s'est rendu ce matin au Service de la Population. Les fonctionnaires ont refusé de prolonger son attestation de séjour. Pour rappel, Mr HAKAJ est le représentant kosovar du mouvement que la délégation du Conseil d'Etat a refusé de recevoir lors de la rencontre de vendredi dernier.

2) Le mouvement a établi un compte-rendu des déclarations faites par la délégation du Conseil d'Etat lors de la rencontre de vendredi dernier. Une lettre demandant une nouvelle rencontre pour la fin de la
semaine a également été adressée à Mr RUEY, responsable du dossier au Conseil d'ETAT.

3) Le Grand Conseil a soutenu ce matin, à une large majorité, une résolution favorable aux personnes kosovares menacées d'expulsion:
RESOLUTION
Préambule
- vu la situation difficile au Kosovo
- vu que les Kosovars travaillant en Suisse soutiennent financièrement leur pays plus efficacement qu'en allant gonfler les rangs des chômeurs
- vu que ces femmes et ces hommes sont utiles à notre économie
- vu qu'ils sont adaptés à notre mode de vie et ont manifestés leur volonté de s'intégrer en parlant notre langue
- vu que sous divers statuts ils ont passé plus de quatre ans, voire dix ans dans notre pays

le Grand Conseil adopte la résolution suivante :

Le Grand Conseil vaudois soutient le Conseil d'Etat dans ses démarches auprès de Berne en vue d'obtenir des permis de travail, selon les déclarations de Monsieur Ruey lors de l'émission Droit de Cité à la télévision romande du 6 mai 2001.

Le Grand Conseil souhaite que la décision touchant les travailleuses et travailleurs décrits en préambule, qui doivent quitter notre canton au nom de la loi sur l'asile, soit réexaminéee dans la mesure où ils disposent d'un contrat de travail.

m Communiqué de presse du Refuge "En quatre ans, on prend racine"
5ème jour (30 avril 2001)


Plusieurs jours se sont écoulés depuis l'entrée en refuge. Tant de choses ont dû être mises sur pied, mais la vie s'organise gentiment : les permanences, installer une douche, répondre aux journalistes qui sont venu-e-s nombreux et nombreuses, etc etc . Nous avons installé un ordinateur, un coin enfant, un petit salon, une radio, des jeux. Un natel est sur place. Le no est le 079 301 24 26.
Jeudi, une famille avec trois enfants est venue rejoindre le couple déjà installé. Puis un Monsieur célibataire est arrivé vendredi. Ces derniers avaient un plan de vol pour le 28 avril 2001. La famille est en Suisse depuis plus de dix ans. Le jeune homme célibataire est en Suisse depuis 1996.

Tous les soirs, une réunion a lieu à 18h00 afin de parler des problèmes rencontrés dans la journée. Les dimanches soir, une AG plus large a lieu à 18h00.

Vendredi après-midi, nous avons eu la visite de l'abbé Cornelius Koch. Il nous a assuré de son soutien. Il va envoyer une lettre à 12'000 paroisses de Suisse afin de leur demander d'écrire à Mme Metzler et à M. Ruey.

Dimanche 28.04.2001, une trentaine de paroissien-ne-s sont venu-e-s visiter le refuge. Nous avons eu notre première AG ici. Tellement de choses doivent être abordées. Nous avons décidé :
* Qu'une annexe du cortège du premier mai partira à 15h30 du refuge. Elle rejoindra le cortège officiel à Bel-Air. Nous laissons tomber le stand à Montbenon.
* Qu'une lettre va être envoyée au Conseil d'Etat lui demandant un rendez-vous. Des bons pour une nuit et un repas au refuge leur seront offert.
* Qu'un appel pourra être signé sur notre site internet. Nous verrons comment l'utiliser plus tard.
* Qu'un brunch va être organisé pour les habitants du quartier afin de lier connaissance.
* Que le mercredi 9 mai, le centre autogéré va préparer un repas végétarien.
* Qu'un groupe animation a été constitué. Il va s'occuper d'organiser des concerts ou autres ici au refuge. Le programme sera diffusé dès qu'il sera connu. Toutes les idées sont les bienvenues.
* Les piquets de solidarité à la place de la Palud sont maintenus de 17h30 à 18h30, le mercredi.

Par ailleurs, la stratégie du Conseil d'Etat paraît être de laisser pourrir le mouvement. En effet, il dit ne pas vouloir faire intervenir les forces de police, si l'ordre n'est pas troublé, et semble à nouveau accorder des prolongations de courtes durées aux Kosovar-e-s qui se rendent aux service de la population. L'objectif du Conseil d'Etat est donc d'empêcher une radicalisation du mouvement (manif, actions,…) en faisant planer la possibilité d'une intervention policière si l'ordre est troublé, tout en cherchant à vider le refuge grâce à des prolongations de séjour. Il va falloir jouer serré ! Les personnes kosovar-e-s qui le souhaitent (vraisemblablement la grande majorité) iront prolonger leur attestation.

Enfin, l'émission Droit de Cité (TSR) de dimanche prochain devrait être
consacrée au mouvement. Elle devrait être retransmise depuis le refuge même.

m Communiqué de presse du Refuge "En quatre ans, on prend racine"
3ème jour (28 avril 2001)

Le Conseil d’Etat vaudois affirme mener une politique des renvois des Kosovar-e-s juste et humaine. Il dit savoir faire la différence entre les personnes vulnérables ou en difficulté et les autres. Pourtant Mme Gjevri IBRAJ, son mari et leurs trois enfants sont entré-e-s au refuge de l’église protestante de Bellevaux à Lausanne, ce jeudi 26 avril dans l’après-midi. Elles et ils avaient un plan de vol pour la Kosovë aujourd’hui samedi 28 avril. Il y a bientôt deux ans, la mère de Mme IBRAJ, son frère et les enfants de celui-ci voyaient le reste de la famille massacré. Depuis elle souffre de divers troubles psychologiques post-traumatiques attestés par un certificat médical. Ce dernier indique également que le traitement devra avoir lieu en Suisse même et que l’état de la patiente "rend impossible tout retour dans son pays d’origine".

Contrairement à ce qu’affirme le Conseil d’Etat vaudois, le renvoi de cette famille ne s’inscrit donc pas dans le cadre d’une politique d’asile juste et humaine. Le mouvement "En quatre ans on prend racine" demande au Conseil d’Etat de cesser de trier les cas relevant de difficultés graves de ceux considérés par lui comme non graves. Le cas de la famille IBRAJ démontre bien l’iniquité et l’impossibilité d’une telle politique de tri dans la détresse. Le mouvement "En quatre ans on prend racine" réaffirme la nécessité d’une solution collective globale et digne.

A ce propos, 75 constituant-e-s présent-e-s lors de la séance de ce vendredi 27 avril, demandent également de trouver une solution collective et apportent leur soutien au refuge.

mm Journal de bord du Refuge "En quatre ans, on prend racine"
1er jour (26 avril 2001)


Hier a donc eu lieu l'entrée en refuge. Le mouvement s'est installé dans la salle paroissiale (juste sous l'église) de l'église protestante de Bellevaux (Il y a deux églises à Bellevaux. Si vous voulez venir témoigner votre appui et votre solidarité, il vous faut descendre à l'arrêt de bus qui se trouve juste après le cinéma. L'église est de l'autre côté de la route, sur votre gauche). Tout s'est déroulé très pacifiquement, puisque la chose c'est bien entendu faite de concert avec les responsables du conseil paroissial, qui nous ont ouvert leurs portes. Et puisque la police n'a tenté aucune intimidation.

A 17 heures, une conférence de presse était organisée sur place, alors que la manifestation réunie à la Palud s'apprêtait à rejoindre le refuge. Les médias sont venus nombreux, compte tenu du peu de temps à leur disposition pour s'organiser (nous les avons prévenus une fois sur place, afin de limiter les risques de fuites et donc de problèmes possibles avec la police ou autres). Il y avait : TSR, TVRL, ATS, Courrier-Liberté, 24 Heures, Le Matin, Lausanne FM, une autre radio (j'ai pas le nom). En soirée, un journaliste de la DRS est encore passé. A la conférence de presse, Sandra Antrilli, coordinatrice du mouvement a expliqué les motivations de l'entrée en refuge, puis Jeanne-Marie PERRIN, représentante du conseil de paroisse a communiqué la position de l'église de Bellevaux. Le premier couple de kosovar-e-s à trouver refuge dans la paroisse s'est aussi exprimé, de manière très courageuse.

La presse de ce matin a relayé de façon plus ou moins heureuse l'entrée en refuge. Vous trouverez des articles dans Le Matin, Le Courrier, Le temps et 24 Heures. Notre mention spéciale va à 24 Heures qui consacre une demi-page (première du cahier vaudois) et fournit une information complète, avec mention de notre appel. Vers 18h30, une centaine de manifestant-e-s ont rejoint la paroisse. Un apéro les attendait. Il a été décidé d'organiser un AG du mouvement dimanche (29) à 18h à l'église de Bellevaux. Vous êtes bien sûr convié-e à vous y joindre.

Pour la première nuit, nous sommes 9 (Kosovar-e-s et Suisse-sse-s) à être resté-e-s auprès du couple. Tout s'est bien déroulé. Ce matin, après le petit déjeuner offert par l'un des pasteur-e-s, et pris en sa compagnie, nous avons reçu à nouveau la TSR, qui doit avoir diffusé un reportage à midi. Un autre sujet devrait être présenté au TJ soir.

m Avant l'entrée en Refuge...

Le mouvement a eu un rendez-vous avec un représentant du SPOP et le vice-chancelier. Nous avons remis les revendications du mouvement qui ont été établies lors de la réunion du 1er avril. Un ultimatum au 20 avril a été donné. Si nous n’avons pas de réponse satisfaisante à cette date-là, nous passerons à une action plus conséquente. Une autre réunion aura lieu le jeudi 12 avril à 19h00 à la Maison du peuple.

Sur le modèle des femmes bosniaques en noirs, des piquets de solidarité auront lieu tous les mercredis à la place de la Palud de 17h30 à 18h30. Ils commenceront le 11 avril 2001. Vous êtes invité-e-s à y participer et à y amener du monde.

La manifestation du 18 avril à 17h00 devant la gare est maintenue. Afin de faire le lien avec les piquets de solidarité, elle se déplacera à la Place de la Palud et s’y terminera.